Réunion du 17-02-2009

 

 

Le drapeau français

 

 

Le drapeau de la France ou drapeau tricolore bleu, blanc, rouge, est l’emblème national de la France conformément à l’article 2 de la Constitution française de 1958. ce drapeau de proportions « deux fois trois » est fait de trois bandes verticales d’égale largeur.

 

Il date du 15 février 1794 mais, ses origines sont plus anciennes et remontent aux trois couleurs de la liberté (14 juillet 1789), identiques aux trois couleurs utilisées par les différents pavillons français d’Ancien Régime. Le drapeau tricolore est le pavillon officiel de la France depuis 1794, et le drapeau officiel des armées depuis 1812, à l’exception des périodes de Restauration (1814-1815 et 1815-1830).

 

Le rouge est la couleur de l’oriflamme qui était originairement la bannière de l’abbaye de Saint-Denis.

La couleur bleue est vraisemblablement d’abord celle des armoiries, qui n’apparaissent dans l’usage militaire qu’au XIIe siècle. La couleur d’azur est connue comme celle des armes des branches cadettes de la famille royale. Elle apparaît sur un nombre croissant de blasons et donne son aspect au blason royal, à trois fleurs de lys d’or sur fond d’azur. Le bleu est adopté comme couleur des rois de France quand se développe l’héraldique au XIIe siècle.

 

Le blanc symbolise tout ce qui est d’ordre divin, de Dieu, d’où le choix de cette couleur comme symbole du royaume. Le pouvoir du roi venait, selon la doctrine officielle, de la main de Dieu. C’est depuis 1300 la couleur de la monarchie française.

 

Naissance du drapeau : l’association des trois couleurs.

 

Depuis Henri IV (1589-1610), le personnel domestique placé sous l’autorité du roi de France était habillé d’une livrée blanche orné de bleu et de rouge. Les Gardes françaises avaient en effet adopté les trois couleurs sur leur uniforme et l’emblème de leur régiment. Elles les conservent après la Révolution en devenant Garde nationale.

Henri IV avait même recommandé les trois couleurs (bleu, blanc, rouge) aux ambassadeurs des Provinces-Unies, indépendantes de fraîche date, qui en ont fait leur drapeau.

 

Le dimanche 12 juillet 1789, dans les jardins du Palais-Royal, Camille Desmoulins prit une feuille verte et la plaça à son chapeau. Il incita la foule à en faire autant : ce geste signifiait une mobilisation générale. Rapidement, on s’aperçut que le vert était la couleur du très impopulaire comte d’Artois (futur Charles X) et on s’empressa de remplacer les cocardes vertes par des cocardes de différentes couleurs, souvent blanches ou rouges. Après la prise de la Bastille, les cocardes bleu et rouge devinrent populaires parce qu’elles étaient celles de la garde municipale parisienne. On a dit aussi que gardes français avaient été portés en triomphe dans tout Paris pour avoir été les premiers à pénétrer dans la Bastille : leur uniforme était tricolore.

 

Durant la Révolution, les combattants de Paris arboraient donc une cocarde bleue et rouge, couleurs de la ville. Quelques jours après la prise de la Bastille, La Fayette eut l’idée d’intégrer le blanc (symbole à l’époque du royaume de France) dans cette cocarde qui remporta tout de suite un vif succès. Les couleurs bleu, blanc, rouge étaient depuis longtemps employées ensemble ou séparément comme symbole en France. Mais une cocarde n’était qu’un signe d’appartenance à une unité militaire : ce n’était pas encore un emblème national.

 

Dans les textes de 1789, le blanc n’est pas désigné comme couleur du roi mais comme couleur de la France ou du royaume. C’est plus tard que cette association a été formulée comme celle des couleurs du roi (la couleur du royaume étant celle du roi). La preuve en est que, à la création de la République, en 1792, l’on ne songea même pas à supprimer le blanc des trois couleurs.

Les trois couleurs associées étaient les couleurs du roi depuis le Moyen Âge, et étaient donc la couleur de la livrée des Gardes françaises, créées pour assurer la sécurité du roi.

 

Deux premiers pavillons de marine

L’assemblée constituante crée un pavillon national le 24 octobre 1790. Ce pavillon devait remplacer les nombreux pavillons bleu et blanc des vaisseaux de guerre. C’est le premier emblème national tricolore et pour la première fois dans l’histoire, tous les bâtiments d’un même pays, qu’ils soient marchands ou militaires arboraient un même pavillon national.

 

C’est le 15 février 1794 que la disposition actuelle « bleu au mât, blanc au centre, et rouge flottant » a été imaginée. L’idée est due au peintre Louis David. Ce changement de pavillon, qui devint effectif à partir du 20 mai 1794, avait été opéré à la demande des marins de la marine de guerre. Ils menaçaient en effet de se révolter parce que le pavillon national de 1790 accordait trop de place à l’uniforme de leurs officiers (le blanc) et trop peu au leur (la tenue bleue à ceinture rouge). La couleur blanche n’est pas encore associée au roi : si cela avait été le cas, elle aurait complètement disparue des emblèmes républicains non seulement en 1794, mais fort probablement dès septembre 1792.

 

La Restauration rétablit en 1814 le drapeau blanc mais, Louis-Philippe, qui a combattu à Valmy et à Jemmapes, restaure en 1830 sous la Monarchie de Juillet le drapeau tricolore.

La hampe s’orne d’un coq.

 

La Révolution de 1848 pencha un moment pour le drapeau rouge, en référence au drapeau rouge arboré par la garde nationale en cas d’instauration de la loi martiale, invention de la Révolution française. Le drapeau rouge signe de la loi martiale fut utilisé le 17 juillet 1791 quand la Garde nationale ouvrit le feu sur une manifestation au Champ de Mars. Le drapeau symbole de la répression du peuple insurgé est repris par celui-ci comme emblème. Cette inversion de sens du drapeau rouge relève d’un processus classique de la création et de l’appropriation des symboles. Le groupe ou la population en question prend comme emblème le symbole même de sa répression. Le drapeau rouge a par la suite, été choisi par les résistants au coup d’Etat de 1851, puis, par la commune de Paris en 1871. et par les bolcheviques lors de la révolution de 1917. Cependant le poète Lamartine impose le drapeau tricolore comme le drapeau de la Seconde République issue de la Révolution de 1848. Dans une harangue à la foule en 1848, le pète défendit le drapeau bleu blanc rouge, arguant qu’il « a fait le tour du monde avec la République et l’Empire, alors que le drapeau rouge n’a fait que le tour du Champ-de-Mars dans le sang du peuple ».

Le coq ornant la hampe est abandonné pour le fer lance, toujours repris depuis.

 

Le drapeau tricolore flotte sur tous les bâtiments publics. Les honneurs lui sont rendus selon un cérémonial très précis. Lorsque le président de la République s’exprime publiquement, le drapeau français est souvent placé derrière lui. En fonction des circonstances, on trouve aussi le drapeau européen ou le drapeau d’un autre pays.

L’écharpe tricolore

 

En France, l’écharpe tricolore est un symbole des élus députés, sénateurs, maires et dans certains cas adjoints et conseillers municipaux.

Le port de l’écharpe par tous les élus s’effectue de l’épaule droite au côté gauche. Pour les parlementaires, le bord rouge doit être près du col (formant ainsi, lues de gauche à droite, les couleurs bleu blanc rouge). A l’inverse, les élus communaux (les maires, leurs adjoints et conseillers municipaux) portent l’écharpe avec le bord bleu près du col.

Cette différenciation présente l’avantage de distinguer optiquement un parlementaire d’un maire, étant bien entendu qu’en cas de cumul de mandat (député-maire, sénateur-maire) c’est le mandat national qui prévaut.